Convention collective coiffure : à qui elle s'applique
L'article 1.1 vise les entreprises « effectuant tous travaux sur le cheveu naturel et/ou artificiel sur la personne humaine », « quelles que soient les modalités d'exercice », en métropole et outre-mer. Il exclut celles dont l'activité principale est la fabrication, la vente et l'importation de postiches ou de perruques.
Classification : trois niveaux, trois échelons
L'avenant n° 23 du 16 avril 2012, étendu par arrêté du 26 octobre 2012 (JORF du 7 novembre 2012), range la filière technique en trois niveaux de trois échelons (article 2). L'emploi se classe par points selon quatre critères : qualification, compétences, tâches exercées, autonomie et responsabilisation (article 3.3). Chaque salarié reçoit « un niveau et un échelon, qui devront obligatoirement figurer sur le bulletin de salaire » (article 3.1).
La grille de l'article 3.4 place au niveau I, échelon 1, le « salarié(e) sans diplôme professionnel mais ayant suivi la formation CAP sans obtenir le diplôme ». Le CAP coiffure y figure dès l'échelon 2, la mention complémentaire dès l'échelon 3, le brevet professionnel (BP) dès le niveau II, échelon 1, le CQP, le brevet de maîtrise (BM) et le BTS Métiers de la coiffure dès le niveau II, échelon 3.
Grille de salaire coiffure 2026
L'avenant n° 51 du 3 décembre 2025, étendu par arrêté du 17 février 2026 (JORF du 24 février 2026), prend effet « le premier jour du mois suivant la publication de l'arrêté d'extension », soit le 1er mars 2026. Au 7 novembre 2026, Légifrance n'affiche aucun avenant de salaires plus récent. Minimums bruts mensuels pour 151,67 heures, filière technique (article 1er) :
| Niveau | Échelon | Emploi | Minimum brut |
|---|---|---|---|
| I | 1 | Coiffeur(se) débutant(e) | 1 843 € |
| I | 2 | Coiffeur(se) | 1 843 € |
| I | 3 | Coiffeur(se) confirmé(e) | 1 845 € |
| II | 1 | Coiffeur(se) qualifié(e) ou technicien(ne) | 1 869 € |
| II | 2 | Coiffeur(se) hautement qualifié(e) ou technicien(ne) qualifié(e) | 1 944 € |
| II | 3 | Coiffeur(se) très hautement qualifié(e), assistant(e) manager ou technicien(ne) hautement qualifié(e) | 2 055 € |
| III | 1 | Manager | 2 183 € |
| III | 2 | Manager confirmé(e) ou animateur(trice) de réseau | 2 623 € et 3 122 € |
| III | 3 | Manager hautement qualifié(e) ou animateur(trice) de réseau confirmé(e) | 3 271 € et 3 367 € |
Aux échelons 2 et 3 du niveau III, le texte donne deux montants pour les deux emplois de la case. Les autres filières (article 2) vont de 1 843 € à 2 055 € en esthétique-cosmétique, de 1 843 € à 1 855 € pour les emplois non techniques, de 1 919 € à 2 806 € dans la filière administrative.
Prime d'ancienneté dans l'entreprise (article 3) : 36 € à 5 ans, 49 € à 7 ans, 64 € à 9 ans, 82 € à 12 ans, 99 € à 15 ans, 117 € à 20 ans. Depuis le relèvement du Smic au 1er juin 2026, les minimums de 1 843 € à 1 855 € sont sous le Smic, qui s'applique à leur place (voir salaire coiffeur).
Période d'essai
En CDI, l'article 7.3, modifié par l'avenant n° 14 du 18 mars 2009, fixe « 2 mois maximum » pour les emplois techniques de la coiffure et « 3 mois maximum pour les salariés cadres ». Un seul renouvellement est possible : 1 mois au plus, 3 mois pour les cadres.
Arrêt maladie
L'article 17 impose de prévenir l'employeur « dans les 48 heures suivant l'arrêt de travail ». Il ne fixe pas d'indemnisation : le complément de l'employeur est celui de la loi, après 1 an d'ancienneté, dès le 8e jour d'arrêt, à 90 % de la rémunération brute puis aux deux tiers, sur 30 à 90 jours chacun selon l'ancienneté (service-public.fr). La prévoyance prend le relais au 91e jour.
Décès, enfant malade, rentrée scolaire
Les congés pour événements familiaux (article 13.2, avenant n° 41 du 31 mai 2018, étendu par arrêté du 15 juillet 2019) sont payés et accordés « sans condition d'ancienneté » : 4 jours pour le mariage ou le Pacs du salarié, 3 jours pour une naissance ou une adoption ; en cas de décès, 3 jours pour le conjoint, le concubin, le partenaire de Pacs, un parent, un beau-parent, un frère ou une sœur, 1 jour pour un grand-parent ou un petit-enfant. Pour un enfant, la convention prévoit 5 jours, mais la loi donne davantage : 12 jours ouvrables, 14 si l'enfant avait moins de 25 ans, et, pour un enfant de moins de 25 ans, 8 jours de congé de deuil en plus (service-public.fr).
La convention ne prévoit pas de congé pour enfant malade : la loi s'applique (article L1225-61 du code du travail). Pour la rentrée, les salariés qui ont des enfants scolarisés de 13 ans au plus disposent d'« une autorisation d'absence de 3 heures pour la rentrée scolaire, sans réduction de la rémunération » (accord du 3 février 2014 relatif à l'égalité professionnelle, article 5.2, étendu par arrêté du 11 mars 2015).
Temps partiel et heures complémentaires
L'avenant n° 38 du 21 janvier 2016, étendu par arrêté du 4 octobre 2016 (JORF du 25 octobre 2016), remplace l'article 11. Un temps partiel porte sur 24 heures par semaine au moins (article 1.1). Pour le coiffeur, la dérogation est de 16 heures, et « les 16 heures travaillées doivent être nécessairement réparties sur les journées du vendredi et du samedi » (article 3.2.1). Elle vise les métiers techniques de la coiffure et ouvre une prime, « l'équivalent du salaire de base du salarié majoré de 5 % », sur une ligne à part du bulletin de paie. Les heures complémentaires, limitées au dixième de la durée du contrat, sont majorées de 12 %, avec un délai de prévenance de 3 jours ; au-delà, jusqu'au tiers, de 25 % (article 4.1.2).
Prévoyance obligatoire
L'accord du 8 juillet 2015 relatif au régime de prévoyance, étendu par arrêté du 11 décembre 2015 (JORF du 23 décembre 2015), couvre tous les salariés : les entreprises « sont tenues de souscrire un contrat, auprès d'un organisme assureur » (article 3) et paient au moins 50 % de la cotisation ; le salarié finance seul la garantie incapacité (article 4). Pour les non-cadres (article 5.1, modifié par l'avenant n° 2 du 15 janvier 2025) : indemnité journalière à partir du 91e jour d'arrêt continu, à 75 % de la 365e partie du salaire de référence, Sécurité sociale déduite, jusqu'au 1 095e jour. Voir aussi devenir coiffeur et apprenti coiffeur.
Questions fréquentes
Quelle est la période d'essai dans la coiffure ?
En CDI, 2 mois au plus pour un coiffeur, renouvelable une fois 1 mois ; 3 mois pour un cadre, renouvelable une fois 3 mois (article 7.3).
La prévoyance est-elle obligatoire dans la coiffure ?
Oui. Selon l'accord du 8 juillet 2015, étendu, chaque salon souscrit un contrat de prévoyance pour ses salariés et en paie au moins la moitié de la cotisation (articles 3 et 4).
Combien de jours pour un enfant malade dans la coiffure ?
La convention ne prévoit rien : le code du travail donne 3 jours par an, 5 si l'enfant a moins d'un an ou si le salarié a au moins trois enfants de moins de 16 ans. Ces jours ne sont pas payés, sauf dispositions particulières en Alsace-Moselle.
Y a-t-il un congé pour la rentrée scolaire dans la coiffure ?
Oui : 3 heures d'absence payées pour la rentrée des enfants scolarisés de 13 ans au plus (accord du 3 février 2014, article 5.2).
Sources
- Légifrance, IDCC 2596, convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes du 10 juillet 2006, étendue par arrêté du 3 avril 2007 (JORF du 17 avril 2007), textes attachés et textes salaires, lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, article 1.1 « Champ d'application », modifié par l'avenant n° 30 du 27 mai 2013, lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, avenant n° 23 du 16 avril 2012 relatif aux classifications et aux rémunérations, articles 2, 3.1, 3.3 et 3.4, étendu par arrêté du 26 octobre 2012 (JORF du 7 novembre 2012), lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, avenant n° 3 du 1er octobre 2015 à l'avenant n° 23 du 16 avril 2012, étendu par arrêté du 3 juin 2016 (JORF du 11 juin 2016), lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, avenant n° 51 du 3 décembre 2025 relatif aux rémunérations minimales et à la prime d'ancienneté, articles 1er à 3 et 6, lu le 07/11/2026.
- Légifrance, arrêté du 17 février 2026 portant extension d'un avenant à la convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes (n° 2596), JORF n° 0047 du 24 février 2026, lu le 07/11/2026.
- Légifrance, arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance, JORF n° 0121 du 24 mai 2026, lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, article 7.3 « Période d'essai », modifié par l'avenant n° 14 du 18 mars 2009, lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, article 17 « Maladie », lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, article 13.2 « Congés pour événements familiaux », issu de l'avenant n° 41 du 31 mai 2018, étendu par arrêté du 15 juillet 2019 (JORF du 23 juillet 2019), lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, accord du 3 février 2014 relatif à l'égalité professionnelle, article 5.2, étendu par arrêté du 11 mars 2015 (JORF du 4 avril 2015), lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, avenant n° 38 du 21 janvier 2016 relatif aux modalités d'organisation du travail à temps partiel, articles 1.1, 3.1.4, 3.2.1 et 4.1.2, étendu par arrêté du 4 octobre 2016 (JORF du 25 octobre 2016), lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, accord du 8 juillet 2015 relatif au régime de prévoyance, articles 2 à 5.1, étendu par arrêté du 11 décembre 2015 (JORF du 23 décembre 2015), lu le 07/11/2026.
- Légifrance, IDCC 2596, avenant n° 2 du 15 janvier 2025 à l'accord du 8 juillet 2015 relatif au régime de prévoyance, étendu par arrêté du 4 septembre 2025 (JORF du 11 septembre 2025), lu le 07/11/2026.
- Service-public.fr, fiche F3053 « Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié », vérifiée le 1er juin 2026, lu le 07/11/2026.
- Service-public.fr, fiche F2278 « Congé pour le décès d'un membre de la famille d'un salarié du secteur privé », vérifiée le 13 février 2026, lu le 07/11/2026.
- Service-public.fr, fiche F151 « Congé du salarié pour enfant malade dans le secteur privé », vérifiée le 27 mars 2026, article L1225-61 du code du travail, lu le 07/11/2026.